Cerny-en-Laonnois

Cerny-en-Laonnois est un village qui se trouve sur le chemin des Dames, entre le fort de Malmaisons et Craonne. La Caverne du Dragon n'est pas loin. Tout ces lieux sont le théâtre de l'offensive Nivelle commencée en avril. Fin juin la 68e division est appelée aussi à prendre son tour…

Liste des soldats tués, blessés, disparus ou cités à Cerny-en-Laonnois


Tranchée bouleversée septembre 1917, devant Cerny, près de la sucrerie - ©BDIC-Fonds Louvois..



Vendresse et Troyon le 28 juillet 1917 : une partie du village détruit. La route de Cerny. Au fond, crête de Cerny-en-Laonnois. Quatre jours plus tard, c'est la route que la 23e Cie, a du prendre lors de l'attaque allemande pour mener la contre-attaque, alors qu'elle venait de quitter les premières lignes le 25 août et attendait les autres bataillons à Bourg-et-Comin.
©BDIC-Fonds Louvois.

Le régiment est tranporté par train fin juin vers une nouvelle destination inconnue… Mais cette fois l'incertitude de la destination accentue l'anxiété parmi la troupe. Les résultats de l'offensive du Chemin des Dames sont connus de tous les soldats.

Alors que le 206e cantonne à Acy, près de Soissons on se rapproche inéluctablement de l'Aisne. Georges Triaud du 234er RI écrit le Le 1er juillet : "En ce moment nous cantonnons dans une grande ferme où nous sommes très serrés et les environs rappellent tout à fait l'arrière de grand secteur : l'arrière de Verdun. Au loin, le canon tonne d'une façon continue. Que va-t-on faire de nous ? je l'ignore, mais il faut s'attendre à aller danser. C'est d'ailleurs bien notre tour après 8 mois de bon." […]

Arrivée à Bourg-et-Comin, les officiers des régiments de la 68e division partent reconnaître le secteur dont ils vont avoir la charge. C'est celui de Cerny-en-Laonnois, de Vendresse et du ravin de Troyon, devant ce qui reste de la sucrerie tenue par les allemands. Les boyaux sont recouverts de boue après les pluies diluviennes de ce début d'été.

Henry et les lieutenants de la 23e Cie accomplissent sous les ordres du Capitaine Robert Léopold une première reconnaissance dans la nuit du 5 août, du secteur de Cerny. Le capitaine Robert de la 23e Cie

Le Capitaine Robert est officier d'active. Il se distingue à maintes reprises au sein du 6e bon (Cmdt Lavelle), notamment à Flirey, puis à Vaux-Chapitre.
Il meurt en 1925 avec ses hommes dans un combat contre les druzes en Syrie.
La photo de gauche provient de la famille du capitaine Robert. La photo de droite a été ramenée par Henry Garry. Elle a vraisemblablement été prise lors de la remise de la croix de guerre avec palme au Capitaine après ses faits d'arme à Vaux-chapitre, et bien avant la bataille de Cerny, lors d'un repas avec ce qui pourrait être l'ensemble des officiers de la 23e Cie. Cependant, on ne reconnait pas le lieutenant Coltier.
(Voir la photo en entier dans le diaporama)


Les combats sur Cerny, à la lecture des JMO, ne ressemblent plus à ceux des années précédentes. Les attaques se déclenchent par des tirs d'artillerie d'une violence inouie, entrecoupées de périodes plus calme et d'attente. Les allemands ont creusé des tunnels que les Français tentent d'exploser.

Le 14 et 15 Juillet les allemands après un tir d'artillerie qui a duré une bonne partie de la nuit, prennent pieds dans la tranchée Deva. Le 234e compte 400 disparus lors de cette attaque.

Dans la nuit du 16 juillet à 1 h 10 le Génie fait sauter une partie du tunnel à l'Est de Cerny. En pénétrant dans le tunnel 137 militaires (officiers, sous-officiers et soldats) sont intoxiqués. (Jmo du 206e). Le peloton de la 19e Cie est sévèrement touché lors de cette opération.


Les allemands ont creusé des tunnels sur Cerny ; ces ouvrages seront l'objet de combats de mines, et parfois d'attaques au corp-à-corps.


JMO du 206e : Le 21 juillet, L'ennemi attaque en forces, après un violent bombardement, la tranchée Cornélius, le 20 au soir et réussit à y prendre pied, mais en est chassé après trois vigoureuses contre-attaques.

Le 21, vers 5 heures, l'ennemi attaque le boyau du Foc avec des lance-flammes ; une cie envoyée pour contre attaquer réussit après une lutte très vive à réoccuper une partie du boyau et à reprendre nos mitrailleuses passées aux mains de l'ennemi.



Un amas de ferraille, relief de la cheminée de la sucrerie, mêlé de murs de briques démôlis, tout ce qui reste de Cerny forment une défense allemande imprenable. Deux angles de vue des morceaux de cheminée derrière lesquels se tient l'officier côté allemand à gauche, à droite carte postale après guerre.





28 juillet 1917 : cantonnement côté français près de la sucrerie. Soldats vraisemblablement de la 68e div.
@BDIC-Fonds Louvois.

L'attaque du 31 juillet et contre-attaques du 1er août
au fil des Jmo

Le 31 juillet à 13 heures, les allemands lancent une attaque par un tir d'artillerie d'un quart d'heure. Les fantassins sortent des tranchées en bras de chemise. Les fantassins par expérience au bout de 3 années de guerre sortent avec le moins possible d'encombrement, et gagnent en efficacité.

JMO du 234e : "A 13 h, heure à laquelle, le mouvement d'évacuation de la 1ère ligne venait d'être terminé, l'ennemi déclenche un tir très violent d'artillerie sur les premières lignes de soutien et sur l'arrière encageant le secteur L. Au même moment une vingtaine d'avions ennemis survolent nos lignes et mitraillent les tranchées."

Le 344e inscrit plusieurs centaines de disparus lors de cette attaque, et relate le bombardement d'une dizaine de minutes, suivi de l'attaque des allemands qui arrivent dans les boyaux.

Tous les bataillons de la 68e division sont mobilisés pour contre-attaquer. Le 6e baton qui était en réserve à Bourg-et-Comin est envoyé aux Creutes marocaines, il arrive à 16h30. Ils vont regagner le terrain perdu auparavant, et tenir en résistant aux contre-attaques, jusqu'au lendemain. La relève arrive le 2 août.

Le 28e RI est aussi dans les premières lignes. "Une Cie du 206e vennant des Creutes Marocaines se porte à la même heure prés de l'ouvrage Saint-Gratien où elle sera un peu plus tard en complète liaison avec la 7e Cie du 28e."(Jmo).


Louis Souef, lieutenant de complément
est instituteur dans le civil (comme Marc Delfaud).
Il est tué le 2 août à Cerny
lors d'un bombardement au moment de la relève.



La relève par le 215e, le régiment de Gabriel Chevalier
Gabriel Chevalier dans son livre "La Peur" décrit le secteur de Cerny-en-Laonnois. Le JMO de son régiment relate la relève le 2 août.
Dans la nuit du 1er au 2 , le régiment relève les éléments disparates (28e – 344e – 206e et 234e régiments dinfanterie), qui, à la suite du combat du 31 août occupaient sous un commandement mal défini, les Quartiers H et K de la zone A du secteur de Cerny. Relève effectué dans les conditions les plus déplorables.

  • 1) Les quartiers reconnus par nos cadres n'ont pas été occupés, au dernier moment, par les bataillons par suite des mouvements de ces derniers provoqués par les nécessités tactiques de la veille ; donc pas de reconnaissance préalable.
  • 2). Une partie des cadres du 5e batailon a disparu pendant l'attaque du 31 Juillet.


  • Selon Georges Triaud du 234e RI, plus de 70% de la 68e division est mise hors de combat pendant les événements de Juillet.



    La sucrerie avant et après guerre
    Après l'affaire de Cerny, Henry quitte le 206e le 6 août et rejoint le 141e RIT. Le 206e va se ressourcer près de Massy-Palaiseau.

    L'affaire de l'Eperon de Beaulne, rebelote au Chemin des Dames
    Pour le 206e, après s'être reconstitué à Palaiseau, c'est le retour vers Beaulne à quelques encablûres de Cerny. A peine eu le temps de prendre du repos, que le 206e est déjà renvoyé fin août, début septembre aux péniches à Bourg-et-Comin. Les positions d'août sont perdues, puis regagnées, puis à nouveau perdues. C'est sans fin. Depuis avril et l'offensive Nivelle, rien n'a véritablement changé, Laon est toujours allemande.

    Liste des soldats tués, blessés, disparus à l'Eperon de Beaulne