La ville du Creusot est constamment en brouillard quand toutes ces cheminées fument

Le cachet du bataillon Sinault sur une carte de Charles Boré 12e Cie ©Fyrag.

5 septembre 1914 les quatre compagnies du bataillon Sinault arrivent au Creusot pour défendre les usines Schneider. Ce ne sont pas les fumées des obus qui accueillent les territoriaux du 39e RIT mais celles des cheminées des forges où l'on produit l'acier qui façonnent le canon de 75, des locomotives ou encore des torpilleurs.

Henry est incorporé dans la 9e Cie. Il aurait travaillé dans les années 1900 sur les chantiers de l'exposition universelle. Après guerre, il fut cadre dans l'atelier Ziegler, à Paris rue des Boulets (filiale de Schneider… où il fut affecté au Creusot au début du conflit). La mémoire familiale conserve qu'il portait des poutres métalliques. (On sait aussi désormais qu'en 1916, il était parmi les soldats du 39e affectés au Génie pour la réalisation d'une voie Decauville). Cependant, aucun signalement particulier sur une spécialisation méllalurgique n'est inscrit dans son dossier militaire.

Aucun JMO, relate la vie d'un régiment au Creusot. Hormis des cartes postales et de rares indications sur des fiches matricules, il semble bien que cette période pour le 3e bataillon du 39e RIT soit plutôt une "aubaine", si l'on compare par exemple avec l'entrée en guerre du 141e RIT de Mont-de-Marsan. Aucun fait rapporté d'un survol des usines par l'aviation allemande. Peut être si ce JMO du 3e Bon eut existé, aurait-il contenu entre septembre et décembre 1914 : "Rien à signalé" ; "Mêmes emplacements".

Pourtant il doit bien y avoir une vie de caserne qui s'organise autour des usines, avec ses tours de garde. Peut-être comme à Paris, les territoriaux s'activent à creuser des tranchées dans la proche campagne, dans le cas ou l'ennemi arriverait jusqu'ici tout en scrutant le ciel.

7 septembre 1914 Charles Boré de la 12e Cie envoie une carte à son épouse.
"Bien portant. Embrasse tout le monde de la famille pour moi ainsi que les enfants. Ton mari qui pense toujours à toi. Charles. Donnez-moi des nouvelles d'Albert[…].

Nouvelle Carte de Charles Boré à sa fille Thérèse. Il indique avec le point noir l'endroit où se situe sa chambre.
Cette caserne devait abriter le 29e RI avant guerre. ©Fyrag
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Novembre 1914
Soldat Lucas, Henry et ses galons de sergent, un inconnu à identifier
et Bouchette (futur lieutenant, épicier à Paris dans le civil).©Fonds HGarry
13 décembre 1914 Le soldat PREJEAN Desiré Aimé Eugène est évacué. 27 décembre 1914Le 3e bon quitte la place du Creusot pour rejoindre le Camp retranché de Paris.Jean Grangeponte, décède de maladie à l'hôpital du Creusot le 7 avril 1915, trois mois après le départ du bataillon.

28 décembre 1914Compte rendu quotidien : Renseignements. Troupes de passage. Manœuvre: néant. Mouvements de troupes : A. Le 3e bataillon du 39e Territorial d'Infanterie venant du Creusot est arrivé à 14h16 à la gare de Versailles-Matelots. Il cantonne le 28 soir à Fontenay-le-Fleury – Bois d'Arcy, Guyancourt, Haut Buc, il relèvera le 29 le 2e bataillon du 120e Territorial dans le secteur 7.

29 décembre 1914 Le 3e Bataillon du 39e Territorial arrivé hier dans le secteur 7 y a relevé aujourd'hui le 2e Bataillon du 120e Territorial.

Il s'est établi : Etat Major du Bataillon : Fort de St-Cyr
9e Compagnie : 1 peloton à la Batterie de Bois d'Arcy
1 peloton au village de Graviers
(ou les Fermes des Graviers)
10e Compagnie : Fort de Saint-Cyr
11e Compagnie : Village de Bouviers
12e Compagnie : Fort du Haut Buc