Fin décembre 1914 : 3e Bon (Sinault) au Camp retranché de Paris (CRP)

Le bataillon Sinault reçoit l'ordre de prendre son tour au CRP, après Noël. Pour les soldats de la région parisienne, c'est l'occasion de se rapprocher de leur famille après la menace de l'automne. L'avancée allemande avait fait craindre de perdre la capitale début septembre.

Galieni nommé en urgence en avait organisé la défense. Puis, la bataille de la Marne permit de contenir et de repousser l'avance allemande. Pour les parisiens du 39e RIT, l'angoisse de septembre n'est pas tout à fait retombée d'avoir imaginé Paris se soumettre ; d'être, qui sait, couper à jamais des siens. De plus un premier raid aérien sur Paris le 30 août 1914, suivis d'autres bombardements en septembre, puis octobre, avec des bombes schrapnels et incendiaires avaient fait une vingtaine de tués et une cinquantaine de blessés.
Des territoriaux au CRP © Parisienne de photographie : ville de Paris
Les quatre compagnies du baton Sinault s'installent dans les forts et camp de l'Ouest parisien. Pour les territoriaux, c'est à nouveau une vie morne de caserne : travaux, bivouacs, tours de garde, exercices, revues… avec le réconfort d'être plus proche de femme et enfants. Le feu est trop loin, après l'offensive de la Marne, pour présenter le moindre danger dans le secteur. En revanche, la surveillance du ciel doit être de tous les instants. Cette photo est datée de 1914, sans plus de précision. On peine à imaginer qu'Henry ait pu se faire tirer le portrait avec toute la famille lors d'une permission pendant son séjour au Creusot. La décoration du "fort" en arrière plan évoque une sorte de bastille à défendre, ou un fort du CRP. Soit la photo date du début août juste avant de partir pour Blois, ou alors la photo est prise avant le 31 décembre 1914 lors d'une perm au CRP.
Janvier 1915 11 janvier 1915Alphonse Thenaisy décède à Paris, suite de maladie contractée en service.

IV. Permissions. Des permissions peuvent être accordées pour la journée du Dimanche dans la proportion de 10% de l'effectif. Les permissions sont en principe de douze heures ; elle pourront être de vingt-quatre heures pour le personnel des postes de Puiseux et des Aillets qui n'ont pas de communications rapides. (Extrait du JMO du journal de siège, zone sud).

Février 1915 15 février 1915Bouviers Secteur de cantonnement de la 11e Cie du 3e Bon. Un feu dans un bâtiment d'aviation de 6 heures du soir jusqu'au lendemain à 5 heures du matin. (Source : Correspondance de Sylvain Brillant)


©M.T.

IV. Permissions. Des permissions peuvent être accordées pour la journée du Dimanche dans la proportion de 10% de l'effectif. Les permissions sont en principe de douze heures ; elle pourront être de vingt-quatre heures pour le personnel des postes de Puiseux et des Aillets qui n'ont pas de communications rapides. (Extrait du JMO du journal de siège, zone sud).

mars 1915 21 mars 1915Extrait du JMO du 30e RIT

A une 0h30 alerte de toutes les troupes du Camp retranché, provoquée par l'arrivée sur Paris de ballons dirigeables allemands dits « Zeppelin ».


©Fyrag

Toutes les troupes prennent les armes dans les casernes, forts ou bastions et sont rassemblées aux étages inférieurs. Les lumières sont éteintes.
Vu deux zeppelins survolant les quartiers Ouest de Paris, trop éloignés pour permettre un tir efficace des troupes.
Les aéronefs ennemis ont lancé quelques bombes sur Paris.

Communiqué : "La nuit dernière, entre 1h15 et 3 heures, quatre zeppelins se sont dirigés sur Paris, venant de la direction de Compiègne, suivant la vallée de l'Oise. (Source : Le Petit Parisien)

C'est l'ouest de Paris [17e et 18e] qui a été éprouvé par l'attaque des aéronefs ennemis Des bombes sont tombées, en outre, dans la banlieue. (Neuilly-sur-Seine, Courbevoie, Asnières, Levallois-Perret, La Garenne-Colombes.
L'attaque des zeppelins a fait sept ou huit blessés.

Les différents postes de défense contre les aéronefs ont ouvert le feu sur les zeppelins, que les projecteurs ont constamment éclairés. L'un des Zeppelins parait avoir été atteint. Les escadrilles d'avions ont pris part à l'action, mais la brume les a gênés dans leur poursuite.

22 mars 1915Nouvelle alerte pour le même motif à 21h15. Mêmes dispositifs. Les dirigeables allemands n'arrivent pas jusqu'à Paris.

avril 1915 Séance de vaccinations pour le 3e bon du 39e RIT à la mi avril. Henry n'est pas vacciné pour cause d'amphysème pulmonaire. mai 1915 Le 3e bon quitte le CRP et va rejoindre son régiment dans le secteur 56 à Badonvillers. Les 4 Cie du 3e bon ont plutôt été chanceuses depuis le début de la guerre. Ceux de la 6e Cie ont déjà eu leur baptême du feu près de la Chapelotte. Et que dire des vieux (certains de la classe 1894), restés au dépôt qui sont partis compléter les effectifs du 313e avant la fin de l'année 1914 : ils se sont retrouvés dans le secteur particulièrement mauvais du Vauquois.